Dépakine, pointé du doigt par une étude récente de l’ANSM

Au cœur de la polémique depuis de nombreuses années, la Dépakine est à nouveau pointé du doigt par une étude récente réalisé par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et l’Assurance maladie. Portant sur 1,7 millions d’enfants, nés entre le 1er janvier 2011 et le 31 décembre 2014, dont 8848 exposés à un traitement antiépileptique pendant la grossesse (991 exposés à l’acide valproïque en particulier), sur une durée moyenne de 3 ans et demi, cette étude se concentre sur les effets de la valpoate, la molécule active de la Dépakine et de ses dérivés. Les résultats publiés ce vendredi démontrent que le médicament augmente de 4 à 5 fois plus les risques de troubles neuro-développementaux chez le fœtus. Si la mère souffrant de troubles bipolaires ou d’épilepsie prend de la valpoate pendant sa grossesse, l’enfant est 4 à 5 fois plus susceptible de souffrir de malformations et des troubles neuro-développementaux, en l’occurrence l’autisme, retards mentaux, difficultés ou retards de langage, troubles du comportement…  comparé aux autres enfants. Le risque est 8 à 10 plus élevé chez les enfants exposés aux doses les plus fortes.

Selon les estimations de l’ANSM, entre 1967, la date de la commercialisation du médicament, et 2016, 16 600 à 30 400 enfants exposés in utero à l’acide valproïque auraient été atteints de troubles. L’ANSM a interdit formellement le valproate aux femmes enceintes et en âge de procréer depuis le 12 juin sauf cas exceptionnel. Le laboratoire Sanofi conteste les résultats de ce rapport.