Le monde du street art

Quand le vandalisme devient-il de l’art? Pour certains, c’est le moment où ils rencontrent une peinture à grande échelle sur un coin de rue improbable. Le street art a une histoire longue et controversée, mais au cours de ces dernières années, il a évolué et a été réinventé en tant que forme d’art. De plus en plus, les artistes qui s’approprient l’espace public exploitent également les forces du marché pour leur propre profit. De nos jours, le street art est souvent présent dans les galeries d’art. Des experts dans le domaine de l’art contemporain, Pascal Robaglia est intéressé au street art ou l’art qui s’expose hors des galeries.

L’histoire du graffiti

Le terme « graffiti » fait souvent référence aux œuvres de guerre sur les murs des villes et les lignes de train. Un mouvement popularisé à la fin des années 60 et 70. L’une des premières formes de graffitis était le « marquage » ou l’utilisation d’une typographie élaborée pour encoder le nom du peintre sur les côtés des bâtiments ou des voitures de métro. Les artistes ont eu des points supplémentaires pour marquer des endroits inaccessibles, souvent à des hauteurs élevées et les tagueurs ont concouru à faire mieux que leurs concurrents. Ce groupe insulaire a déterminé ses compétences en évaluant le contrôle de la peinture en aérosol et en développant ses notes typographiques uniques.

Dès le début, cette forme d’art était censée être transgressive: dans un monde dominé par l’image de marque mondiale, les graffitis aliénaient le pouvoir du commercialisme et des infrastructures gouvernementales. Les politiciens et les communautés plus aisées voyaient souvent l’art de la rue de façon négative parce qu’il était associé à la culture des gangs, mais les œuvres artistiques permettaient aux groupes de citoyens privés de leurs droits d’exprimer leur mécontentement vis-à-vis de la société.

L’évolution du graffiti

Depuis ses débuts modestes, les graffitis ont évolué dans plusieurs directions: certains artistes ont commencé à utiliser des pochoirs pour créer des œuvres plus élaborées, y compris des portraits et des paysages, tandis que d’autres ont continué à utiliser des peintures en aérosol. Le street art a également commencé à apparaître à l’international. Au début des années 1980, Blek le Rat a été le pionnier de l’art du pochoir à Paris. Les pochoirs de rat de l’artiste faisaient allusion à la nature contrôlant du pouvoir de l’État dans la capitale française et servaient de moyen pour faire sortir l’art de la galerie traditionnelle. Son utilisation de pochoirs prêts à l’emploi lui permet de travailler rapidement et de ne pas être arrêté.

Quelques artistes

De nombreux artistes travaillant aujourd’hui ont remporté un franc succès, à l’instar de l’artiste américain Shepard Fairey et de l’artiste français Invader. Fairey a d’abord attiré l’attention internationale lors de l’élection présidentielle américaine de 2008 avec son affiche désormais emblématique « Hope », qui met en vedette le candidat à la présidence de l’époque, Barack Obama. Les installations de jeux vidéo pixélisées d’Invader sont apparues dans plus de 65 villes, dans les principales expositions de galeries et aux enchères. Malgré ce succès, ces artistes et leurs contemporains se retrouvent toujours du mauvais côté de la loi pour leurs expositions publiques parfois non autorisées.